ANTIMILITARISME, PACIFISME, NON-VIOLENCE
CHEZ MONTESQUIEU, MAUPASSANT, VICTOR HUGO...

« Les guerres ont toutes sortes de prétextes mais n'ont qu'une seule cause : l'armée.
Otez l'armée et vous ôtez la guerre ! »
(VICTOR HUGO, Congrès de la Paix, 1869)

« La France périra à cause des militaires. Une maladie s'est répandue en Europe. Elle a contaminé les monarques et les contraint d'entretenir des armées considérables. Ce mal est exanthématique et partant, contagieux. En effet, dès qu'un Etat augmente le nombre de ses soldats, tous les autres, immédiatement, en font autant. Et la ruine générale en résulte.
Lorsqu'un gouvernement enrôle un nombre démesuré de soldats, l'extermination menace son peuple. On appelle paix cet état de surtension générale. Celle-ci met l'Europe dans un tel état de misère que si les hommes se trouvaient dans la même situation que leurs gouvernements, les plus riches d'entre eux n'auraient pas de quoi vivre. Nous sommes pauvres, bien que possédant les richesses et le commerce du monde entier. »

Montesquieu écrivait ces lignes il y a presque deux cent cinquante ans. Cela ressemble vraiment à ce qui s'est passé. Trois guerres se sont succédées en Europe, et la ruine qui s'en est suivi est à l'origine de la crise en Europe.

L'écrivain Maupassant contemplait de son yacht les exercices et le tir des soldats français.
Voici, à ce sujet, l'expression de ses pensées :

« La guerre ! Dès que ce mot me vient à l'esprit, un sentiment de terreur et d'hébétement me saisit. Il me semble qu'il s'agit de maléfice, d'inquisition. C'est comme si l'on me parlait de quelque chose de très lointain, de définitivement disparu, de répugnant, de monstrueux, de contre-nature.
Quand on nous parle de cannibales, nous sourions avec fierté, car nous nous sentons supérieurs à ces sauvages. Mais qui sont les sauvages ? Où se trouvent les vrais sauvages ? Ceux qui tuent pour manger les vaincus, ou ceux qui tuent uniquement pour tuer ?
Je vois, dans cette clairière, des chasseurs courir et tirer. Ils obéissent à des ordres. Tous ils sont prédestinés à être tués - tel un troupeau de moutons que le boucher fait galoper sur la route.
La guerre! se battre! s'égorger! assassiner des êtres humains! A notre époque, avec notre culture, notre science, notre philosophie, il existe une administration avec des écoles spéciales où l'on apprend à assassiner, à tuer de loin, avec perfection. On tue beaucoup d'hommes à la fois, des êtres malheureux et pitoyables, coupables de rien, soutiens de famille. On les tue sans aucun jugement. Et la chose stupéfiante est que le peuple ne se soulève pas contre les gouvernements, qu'ils soient monarchiques ou républicains. La chose la plus surprenante est que la société entière ne se révolte pas au seul mot de guerre !

Vaine colère que l'indignation d'un poète, poursuit Maupassant. La guerre est respectée, admirée plus que jamais. Un merveilleux artiste sur ce plan, un assassin de génie, Monsieur Von Moltke, répondit, un jour, par ces paroles terribles, à des délégués de la Société de la Paix : « La guerre est sainte et d'institution divine. La guerre est une des lois sacrées du monde. Elle nourrit chez les êtres les sentiments les plus élevés, les plus nobles: l'honneur, le désintéressement, la vertu, la bravoure. C'est grâce à la guerre que les hommes ne tombent pas dans le matérialisme le plus grossier. »

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« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels.» (Anatole France)